Rien ne s’oppose à la nuit

couv5661974.gif

Auteur : Delphine de Vigan

Éditeur : Éditions JC Lattès (24 août 2011)

Pages : 437

En résumé :

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.

Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

Mon avis :

Delphine de Vigan est une autrice que j’avais très envie de découvrir. Dans ce cas, il est difficile de savoir par quel livre commencer alors j’y suis un peu allée au feeling.

Elle nous raconte la vie de sa mère, Lucile, qui était bipolaire. Elle veut croire que cet exercice lui permettra de mieux la comprendre. On entre dans une sorte d’intimité avec elle. Tout au long de ma lecture, j’ai eu l’impression d’être chez elle, avec elle et qu’elle me confiait ses recherches, ses doutes, ses certitudes et ses peurs. J’avais envie de la consoler parfois, de la soutenir. On assiste à l’écriture du livre sans vraiment se rendre compte qu’on le tient justement entre les mains. La plume de Delphine m’a ravie, si poétique et intime. Elle interroge ceux et celles qui ont connu Lucile, lit ses journaux, tente elle-même de se souvenir. Au fur et à mesure de l’exercice, Delphine se rend compte qu’elle n’écrit pas vraiment la vie de Lucile. Notamment avec le récit de la mort d’Antonin, on prend conscience à quel point notre mémoire est sélective. Pour un même événement, quarante ans plus tard, on a autant de versions que de témoins qui nous le narrent. Effectivement, selon notre sensibilité à l’instant T, on ne se focalise pas sur les mêmes détails et on ne les interprète pas de la même façon. Il n’y a pas de doute que la version de Lucile sur sa propre vie serait différente. A cela s’ajoute le fait que l’autrice ne nous confie pas tout. Elle nous dit avec franchise qu’ils y a des événements qu’elle ne souhaite pas partager avec nous, car ils ne nous regardent pas. Donc, en tenant compte de ces éléments, peut-on vraiment considérer qu’il s’agit là de la vraie vie de Lucile ou d’une fiction ? Delphine conclut elle-même avec beaucoup de sensibilité. Elle n’écrit pas Lucile, elle écrit sa Lucile. Toutes ses réflexions de l’autrice sur ce qu’elle écrit et comment elle écrit sont passionnantes. Sans oublier Lucile qui m’a bouleversé. Son souvenir est douloureux, délicat, émouvant et magnifique.

Une lecture coup de cœur qui m’a bouleversé.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s